Jeudi 05 septembre 2024, Emmanuel Macron a nommé Michel Barnier premier ministre. Cette nomination était très attendu, sept semaines après les élections législatives anticipées déclenchées par le président. Elles avaient amené le Nouveau Front Populaire, alliance des partis de gauche, en tête. Michel Barnier est issu des Républicains, parti de droite arrivé quatrième aux élections. Avec cette nomination, le président espère obtenir l’appui du Rassemblement National, parti d’extrême droite arrivé troisième aux élections. La décision d’Emmanuel Macron de nommer quelqu’un issu d’un parti de droite a fait couler beaucoup d’encre, sachant qu’il ait refusé plusieurs fois la nomination de Lucie Castets, candidate du Nouveau Front Populaire. Pour les personnalités de gauche, cette nomination est une honte, le « vol » d’une élection, le « mépris des français ». De son côté, le parti présidentiel et Les Républicains, d’où est issu Michel Barnier, se sont félicités de cette nomination. L’extrême droite quand à elle, a déclaré attendre la déclaration de politique générale de Michel Barnier pour décider ou non d’une censure de son gouvernement.
Ce discours de politique générale ( où le premier ministre annonce ce que son gouvernement compte mettre en place ) a été prononcé devant l’Assemblée Nationale mardi 1er octobre. Le Rassemblement National a critiqué ce discours, mais a pourtant refusé de censurer le gouvernement Barnier.
Le nouveau premier ministre est connu pour ses positions conservatrices, notamment sur la sécurité et l’immigration. A peine arrivé à Matignon, monsieur Barnier fait déjà polémique. Certains dénoncent son illégitimité. En effet, le Nouveau Front Populaire, groupe arrivé en tête aux élections, n’a pas été écouté quant au choix du premier ministre. En effet, les français ont été appelé à voter et le premier ministre n’est pas issu du groupe ayant été choisi par le plus grand nombre. En effet, il aurait été plus logique que le premier ministre soit issu du groupe majoritaire à l’Assemblée afin qu’il puisse y faire voter plus facilement les lois et son programme.
D’autres sujets jettent Michel Barnier sous le feu des projecteurs, comme son âge. A 73 ans, il est surnommé le Joe Biden français ! De plus son vote contre la loi de dépénalisation de l’homosexualité en 1981 effraie les français quant à la régression de certains droits. Effectivement, Michel Barnier a voté contre la dépénalisation de l’homosexualité, ce qui inquiète grandement cette communauté. Il y a neuf mois, Emmanuel Macron a annoncé pour la première fois de l’histoire la nomination d’un premier ministre ouvertement homosexuel, qui était également le plus jeune de la Ve République. Nous pensions avoir franchi un pas pour l’acceptation de la communauté LGBT dans la société. Aujourd’hui, avec la nomination de Michel Barnier, plus vieux premier ministre de l’histoire, ayant voté contre la dépénalisation de l’homosexualité, c’est également un pas qui est fait. Malheureusement, celui-ci est un pas en arrière.
Le 21 septembre, Michel Barnier a annoncé la nomination de son gouvernement. Parmi les ministres fraîchement nommés, nous retrouvons beaucoup de personnalités réputées conservatrices. En effet, six de ses ministres ont voté contre la loi ouvrant le mariage et l’adoption aux couples de même sexe ( mariage pour tous ). Neuf ont voté contre la loi de lutte contre les violences sexuelles et sexistes, trois contres la PMA ( Procréation médicalement assistée ), deux contre l’interdiction des thérapies de conversion ( pseudo « thérapies » visant à reconvertir les personnes homosexuelles à l’hétérosexualité ). Ce n’est pas fini : Trois ministres ont voté contre l’inscription de l’IVG ( avortement ) dans la constitution . Un important problème sachant que ce droit est particulièrement en danger.
En résumé, le gouvernement Barnier est composé de ministres ayant des positions fermes contre l’homosexualité, l’égalité, les droits des femmes, ainsi que des positions très strictes sur l’immigration et une vision conservatrice de la France.
Il reste maintenant à savoir si Michel Barnier pourra satisfaire le président et éviter la censure de l’Assemblée.
Emilien Ravion et Pia Marcel
Source : Le Monde.fr - Actualités et Infos en France et dans le monde